Gerone au bout du petit matin

Bonjour à tous et à toutes,

Je vous retrouve aujourd’hui dans un article un peu particulier, puisque j’ai laissé à mon compagnon le soin de rédiger l’éloge à la ville de Gerone dans lequel je vous retrouve à travers mes photos (et plus bas pour un point pratique). J’espère que cela vous plaira, belle balade !

Profitant du drop de la famille, au petit matin, à l’aéroport de Gérone, et plutôt que de retourner finir notre nuit dans notre résidence estivale, nous avions fait le choix de visiter Gérone la médiévale aux premières lueurs (7h). La ville offrant plusieurs parkings gratuits aux abords du parc de la Devesa (et du Wi-fi à divers endroit de la ville), nous optons pour celui de la Plaça Vicens Vives à proximité immédiate (2 minutes à pied) du pont de Sant Feliu, un joli petit pont en bois offrant une magnifique vue sur l’Église de San Feliu et la Cathédrale, et un premier coup d’œil aux fameuses maisons colorées du Riu Onyar.

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La ville encore endormie, nous nous élançons à sa visite. Au-delà du pont, dans le silence de la place, le clocher de l’Église de San Feliu se pare des premiers rayons de soleil, à droite de la place, la terrasse du König Sandwich se fond tranquillement dans le décor.

Pas moyen de se perdre, des écriteaux en catalan pointent la direction des différents lieux importants de la vieille ville. Nous cheminons à travers les ruelles pavées en direction de la place de la Cathédrale qui finit par se dresser majestueusement au sommet de sa montagne de marches. Nous ne savons si c’est le sommeil encore profond de Gérone et le désert humain des petites heures, ou ces hauts bâtiments venus littéralement se compresser à ses pieds, mais l’édifice impose un gigantisme insoupçonné qui ferait fuir les mollets les plus avertis.

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N’entendant que notre courage, nous escaladons d’une presque traite les trop nombreuses marches du colosse, ignorant encore la médiocrité de notre entreprise en comparaison de l’épreuve sportive qu’allait constituer la « promenade » des remparts (Passeig de la Muralla).

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Empruntant la carrer de Sant Cristofol, nous arpentons avec entrain ces magnifiques ruelles escarpées aux murs de pierre devant nous conduire incessamment aux murailles de Gérone. IMG_4257-10L’une des nombreuses églises de la ville (si ce n’était la Sant Feliu) sonne le premier quart de sept heures, et pas une âme catalane ou touristique croisée à l’exception des nettoyeurs de rue préparant soigneusement les lieux devant être massivement foulés dans les heures à venir. Nous passons l’entrée cadenassée de la chapelle Sant Cristofol, sort identiquement dévolu à la grille dont l’écriteau – toujours en catalan –, sur le mur de pierre, annonce le début du Passeig de la Muralla. Décidément, Gérone ne semble pas appartenir à ceux qui se lèvent tôt, ou avant 9 – 10 heures comme nous le découvrirons peu à peu.

Notre flemme encore endormie et notre vessie déjà réveillée, nous décidons de poursuivre notre aventure matinale par le petit parc longeant l’extérieur des remparts et offrant une magnifique vue sur l’extérieur boisé de Gérone.

IMG_4191-11En faux plat ou en vraie montée, nous cheminons vaillamment jusqu’à ce que nous croyions être un simple point de vue où nous trouvons enfin grille ouverte. Prolongeant au hasard, nous descendons un escalier nous menant au Jardins des Alemanys encerclé par une partie des murailles de la vieille ville. Les bancs bleus de ce lieu mi-ruine mi-jardin (pour les plus gamers, le décor est digne d’Assassin’s Creed) ont immédiatement séduit votre blogueuse préférée et sa pochette d’été DIY (bientôt sur le blog).

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Une autre volée d’escaliers nous mène sur les hauteurs des remparts longés et descend plus loin jusqu’à la grille verrouillée de l’entrée de la promenade précédemment croisée, nous sommes donc dans le bon lieu, mais pas sur la bonne voie.

Nous rebroussons chemin vers l’autre partie des hauteurs jusqu’à cette tour et son escalier métallique en colimaçon montant à la découverte d’un magnifique point de vue sur l’ancienne et l’actuelle Gérone et ses alentours. Et enfin, nous entamons, sportivement, la promenade des remparts et ses différentes tours aux panoramas étendues. Car clairement, ces remparts et ces vues se méritent au long des escaliers et des passages en petites montées qui les composent. La promenade vaut largement l’effort par ses jardins en contrebas et la ville offrant sous vos pieds et à vos yeux le dédale de ruelles anciennes et d’édifices historiques encore à parcourir à votre descente. D’autant plus que nous croisons à diverses reprises une option de sortie vers la ville (encore bien endormie), bien que, constamment, nous trouvons grilles closes, faisant naître une légère appréhension sur le sort réservé à celle de la sortie finale de la promenade.

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Tuons le suspens directement. Tout au bout du dernier tournant du dernier passage au bas de la dernière volée d’escaliers, se tient maladroitement la dernière grille cadenassée de notre parcours. Et là, après les mots d’exaspération mentionnant, vaguement, le plus vieux métier du monde et la teneur finale du travail digestif, et l’idée saugrenue (maintenue à chaque mur au contrebas peu profond lors du retour) de se laisser tomber le long du petit mètre au-delà de la grille, nous acceptons, la flemme au cœur et la vessie en flamme, de voir si les bancs du Jardin des Allemands sont plus bleus en sens inverse. Trois petites minutes plus tard, toutes les cloches des alentours annonçaient les 8h sur une Gérone toujours endormie.

Errant au hasard des rues de la vieille ville, croisant des cafés et des boulangeries encore fermées, nous parvenons au pont de Sant Augusti d’où nous pouvons encore apprécié les façades colorées bordant l’apaisante rivière Onyar. Au-delà du pont, nous rejoignons la Plaça de la Independència. IMG_4220-19La place rectangulaire, encadrée d’immeubles jaune-orangé aux hautes fenêtres, s’anime doucement et c’est toute une ville qui nous semble enfin s’éveiller : de vieux Catalans palabrent sur un banc, un autre lit son journal au côté de la statue commémorant la victoire sur les Français lors de la bataille de Gérone en 1808, et à l’ombre des passages voûtés les serveurs s’affairent à leurs premiers cafés ou préparent l’ouverture matinale toute proche. Émoussés par notre récent parcours sportif, nous faisons escale sur un banc faisant face à l’autre König, appréciant discrètement la volonté tranquille, mais ferme qu’affiche cette place de l’Indépendance.

Repérée la veille sur tripadvisor à deux pas de la place dans la Carrer de Santa Anna, la boulangerie Casamoner semble un point de chute idéal pour un café accompagné d’une pâtisserie haut de gamme. Passée la devanture sobre avec ses larges dalles grises, des pains onéreux trônent dans leur casier au-delà du comptoir en verre, plus en avant nous croisons l’objet de notre convoitise : xuxo de Girona, ensaïmada lisa, ensaïmada amb cabell d’angèl, ulleres amb xocolata (palmier), et autres. Le tout pour un prix bien plus démocratique ! Dans le fond, un espace aux murs en vieilles pierres accueille des tables au bois foncé et fauteuils table basse plus cosy, derrière le comptoir le grand tableau noir affiche d’avance le prix courant des cafés, chocolats et thés en tout genre. Nous nous installons confortablement à l’une des tables du fond, une serveuse discrète et sympathique vient s’acquitter de notre commande (accompagnant Lili jusqu’au comptoir pour y choisir sa pâtisserie) : à défaut d’un café filtre, ce sera donc un café solo accompagné d’un xuxo de Girona pour monsieur, et une ensaïmada lissa avec chocolat froid pour madame. Un petit moment de patience dans ce lieu sobre et moderne, et là le moment de vérité. Le café est un café, le chocolat froid un chocolat froid de catalogne, l’ensaïmada lissa d’une légèreté tranquille, et le xuxo simplement divin : léger, onctueux, sucré avec juste ce qu’il faut de natilla. Best Xuxo Ever ! Ou du moins, le meilleur goûté en presque 26 et 8 ans d’expérience culinaire catalane. Sous le charme, nous en recommandons un à une autre serveuse ne répondant qu’en catalan à notre faible lexique espagnol, assez déstabilisant de prime abord, mais simplement logique pour une région et une ville dont c’est la langue officielle ! Une volonté tranquille, mais ferme, dans une ville qui ne semble pas anti-indépendantiste, au contraire. Le Xuxo de la confirmation ne déçoit pas, si ce n’est par sa disparition une fois englouti.

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Au dehors dans la carrer de Santa Clara, passé les 9 heures, la ville semble s’éveiller par les passants matinaux, mais les enseignes de prêt-à-porter fermées mortifient quelque peu l’ambiance. Direction le banal Pont de les Peixateries Velles (ou pont Eiffel) pour apprécier, une nouvelle fois, au travers de sa structure de fer rouge, les immanquables maisons suspendues du tranquille Onyar.

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De l’autre côté, nous atteignons la Rambla de la Llibertat, cette magnifique artère commerçante préserve l’ambiance médiévale de la vieille ville par ses façades de pierre et portiques bas aux arcades irrégulières, où nous regrettons l’heure trop matinale de notre escapade, la beauté des dalles froides ne résonne que trop faiblement les pas des quelques passants dépassant distraitement ces boutiques désespérément closes.

Gérone, décidément, aurait dû se visiter une belle heure plus tard. Car, dans ces ruelles s’éveillant à peine, les pierres se suivent et se ressemblent tandis que nous remontons vers la place de la Cathédrale pour rejoindre le Call Jueu (« Quartier juif ») et sa carrer de la Força sinueuse et préservée. Les mêmes dalles pour les mêmes pierres. Agréable, certes. Immanquables, sûrement. Mais désespérément silencieuse de vie, rien qui s’affaire, rien qui passe, et dans ce silence, nous chuchotons le long des petites maisons aux cours intérieures, boutiques et musées fermés.

Nous bifurquons vers le pont de Sant Augusti, profitons une dernière fois de la vue sur la rivière (et du wi-fi), traversons la place et rejoignons les avenues plus animées bordant le Parc de la Devesa. Si l’antique Gérone s’éveille encore calmement, sur l’autre rive, Gérone la nouvelle s’active déjà avec un peu plus de circulation et de frénésie, les premiers bus de touriste déversant ses occupants aux abords des parkings. Sur la Plaça de la Vicens Vives, nous apprécions une dernière fois la vue sur Sant Feliu et la Cathédrale, et bien que Gérone ne manque pas de solutions commerciales en tout genre, nous traversons toute la ville direction l’Espai Gironès pour une petite virée shopping climatisée.

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Point pratique :

  • Arriver vers 08h00 semble l’idéal comme horaire afin de pouvoir découvrir dans un premier temps la ville dans le calme (et faire de belles photos) et ensuite assister à son réveil.
  • Des parkings gratuits sont mis à votre disposition juste en bas de l’église San Feliu de l’autre côté de la rivière – Place Vicens Vives.
  • Wifi gratuit à divers endroits de la ville (information sur le site de Gerone)
  • bon à savoir : König est une enseigne de restauration née en 1973 dans la ville de Gérone et possédant plusieurs points en la ville, ses alentours et nouvellement à Barcelone. L’enseigne propose des sandwichs à l’Américaine, des hamburgers, des variétés de tapas (nous vous recommandons, les patatas bravas !) et autres plats combinés pour un rapport qualité-prix se rapprochant d’un menu fast-food, à l’exception qu’ici les produits sont frais, locaux et traçable ! Pour un menu (entrée-plat-dessert), il faut compter 12€ par personne mais leurs desserts ne sont cependant pas à la hauteur du reste…selon mes goûts.

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